Prière (Antoine de Saint-Exupéry)

Seigneur, apprends-moi l’art des petits pas.
Je ne demande pas de miracles ni de visions,
mais la force pour le quotidien !
Rends-moi attentif et inventif pour saisir
au bon moment les connaissances
et expériences qui me touchent particulièrement.

Affermis mes choix
dans la répartition de mon temps.
Donne-moi de sentir ce qui est essentiel
et ce qui est secondaire.
Je demande la force,
la maîtrise de soi et la mesure,
que je ne me laisse pas emporter par la vie,
mais que j’organise avec sagesse
le déroulement de la journée.

Aide-moi à faire face aussi bien que possible
à l’immédiat et à reconnaître l’heure présente
comme la plus importante.
Donne-moi de reconnaître avec lucidité
que la vie s’accompagne de difficultés, d’échecs,
qui sont occasions de croître et de mûrir.
Fais de moi un homme capable de rejoindre
ceux qui gisent au fond.

Donne-moi non pas ce que je souhaite,
mais ce dont j’ai besoin.
Apprends-moi l’art des petits pas !

Antoine de Saint-Exupéry

Annonces paroisse de Pibrac

Les messes au moins jusqu’à la Pentecôte 31 mai

1 – Les messes diffusées (en direct puis disponibles ensuite en différé) continuent selon  le programme désormais habituel :

  •           Lundi 18h30
  •           Mardi 9h30 
  •           Mercredi 18h30
  •           Jeudi 9h00
  •           Vendredi 18h30 
  •           Samedi 9h30
  •           Dimanche 10h00
  • Jeudi 14 mai : célébration de la Fête du fondateur de la famille religieuse de Bétharram, saint Michel Garicoïts.
  • Jeudi 14 mai : les croyants du monde entier sont invités à prier Dieu pour la fin de la pandémie du Covid-19. Cette prière est demandée par le Haut Comité pour la Fraternité Humaine, institué à la suite de la rencontre d’Abu Dhabi entre le pape François et le grand Imam d’Al-Azhar.
  • Le secrétariat du prieuré sera ouvert à partir de mardi, dans le respect des mesures sanitaires.
  • Les prêtres sont disponibles, au prieuré, dans le respect des mêmes mesures. En attendant que des volontaires se proposent, l’un des prêtres  sera aussi à l’église pour assurer le respect des mesures sanitaires par les fidèles, les pèlerins de sainte Germaine et les visiteurs.
  • L’ouverture de l’Accueil-magasin sainte Germaine aura lieu plus tard.

Homélie du bienheureux Pierre Claverie, évêque et martyr

Le don gratuit de l’amour

Depuis le drame algérien, on m’a souvent demandé : « Que faites-vous là-bas ? Pourquoi est-ce que vous restez ? Secouez donc la poussière de vos sandales ! Rentrez chez vous ! » « Chez vous… » Où sommes-nous chez nous ?…Nous sommes là-bas à cause de ce Messie crucifié. cause de rien d’autre et de personne d’autre ! Nous n’avons aucun intérêt à sauver, aucune influence à maintenir. Nous ne sommes pas poussés par je ne sais quelle perversion masochiste ou suicidaire. Nous n’avons aucun pouvoir, mais nous sommes là comme au chevet d’un ami, d’un frère malade, en silence, en lui serrant la main, en lui épongeant le front. A cause de Jésus, parce que c’est lui qui souffre là, dans cette violence qui n’épargne personne, crucifié à nouveau dans la chair de milliers d’innocents. Comme Marie, comme saint Jean, nous sommes là, au pied de la Croix où Jésus meurt, abandonné des siens, raillé par la foule. Est-ce que ce n’est pas essentiel pour un chrétien d’être là, dans les lieux de souffrances, dans les lieux de déréliction, d’abandon ?
Où serait l’Eglise de Jésus-Christ, elle-même Corps du Christ, si elle n’était pas là d’abord ? Je crois qu’elle meurt de n’être pas assez proche de la Croix de Jésus. Si paradoxal que cela puisse vous paraître, et saint Paul le montre bien, la force, la vitalité, l’espérance, la fécondité chrétienne, la fécondité de l’Eglise viennent de là. Pas d’ailleurs ni autrement. Tout, tout le reste n’est que poudre aux yeux, illusion mondaine. Elle se trompe, l’Eglise, et elle trompe le monde lorsqu’elle se situe comme une puissance parmi d’autres, comme une organisation, même humanitaire ou comme un mouvement évangélique à grand spectacle. Elle peut briller, elle ne brûle pas du feu de l’amour de Dieu, fort comme la mort dit le Cantique des Cantiques. Car il s’agit bien d’amour ici, d’amour d’abord, d’amour seul. Une passion dont Jésus nous a donné le goût et tracé le chemin : Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu ‘on aime.

Donner sa vie. Cela n’est pas réservé aux martyrs ou du moins, nous sommes peut-être appelés à devenir des martyrs témoins du don gratuit de l’amour, du don gratuit de sa vie. Ce don nous vient de la grâce de Dieu donnée en Jésus-Christ. Donner sa vie c’est cela et rien d’autre ! Dans chaque décision, dans chaque acte, donner concrètement quelque chose de soi-même : son temps, son sourire, son amitié, son savoir-faire, sa présence, même silencieuse, même impuissante, son attention, son soutien matériel, moral et spirituel, sa main tendue. . . sans calcul, sans réserve, sans peur de se perdre…

Bienheureux Pierre Claverie, (Homélie à Prouilhe, 23 juin 1996 : La vie spirituelle, Éditions du cerf, Paris 1997, p. 833-834)