LE COIN DE BÉTHARRAM

Saint Michel Garicoïts, fondateur de la Congrégation du Sacré Cœur de Jésus, à qui le Diocèse de Toulouse a confié la paroisse de Pibrac-Brax. Chaque jour vous est proposée une de ses pensées pour éclairer votre journée :

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1° juin

Mon cher ami, l’autre jour, je passai chez vous ; le portier de l’Hospice me dit que vous étiez à Ustaritz. Vous pouvez bien être persuadé que c’est avec le plus grand plaisir que j’ai appris votre parfait rétablissement. J’en ai béni le Seigneur de tout mon cœur, comme je lui demande que ce soit encore pour longtemps et pour sa plus grande gloire.
J’aime à penser que, pendant la belle saison, on vous enverra aux eaux pour achever de vous fortifier. En tout cas, venez passer quelques jours à Bétharram comme chez vous. Croyez que l’eau, l’air et surtout la Maîtresse de maison, Notre Dame, vous feront beaucoup de bien, et que vous nous ferez grand plaisir si vous voulez regarder Bétharram comme un chez vous. Je ne puis pas oublier qu’il n’a pas tenu à vous que vous ne soyez des nôtres. Tout à vous de tout cœur. (St Michel Garicoïts à un chanoine, Lettre 318, 1861)


31 mai

Jésus dit : « Je suis venu mettre le feu sur la terre, et je ne veux autre chose, sinon qu’il soit allumé » (Lc 12,49). Ce désir du Sauveur s’est accompli le jour de la Pentecôte, et il s’accomplit toutes les fois que le St-Esprit descend dans les âmes. Le St-Esprit est l’amour le plus efficace, le plus pénétrant qui consume ce qu’il y a de vicieux dans l’homme et le rend ardent, tout de feu : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant tandis qu’il nous parlait en chemin ? … » (Lc 24,32)
Dieu est amour. Parce que Dieu est tout amour, l’amour, en Dieu, est comme le roi de tous ses attributs. Il nous a aimés d’un amour éternel, d’un amour immense, jusqu’à nous donner son Fils, pour nous porter à l’aimer… Aimons-le donc ! l’aimer, c’est un devoir…
Le Saint-Esprit habitant dans une âme est une lumière qui l’éclaire, la dirige, l’avertit et lui suggère tout ce qui doit contribuer à son salut. C’est un instinct divin, qui fait discerner les choses d’avec les choses … (St Michel Garicoïts, MS 136-137)


30 mai

Je me sens pressé de vous recommander de toute l’étendue de mon âme de vivre constamment dans la joie du Seigneur, et de la faire éclater dans toute votre conduite, dans tous vos rapports avec Dieu, avec le prochain et avec vous-même, comme la divine Marie. Je dis constamment, dans toutes les positions, toujours, fussiez-vous coupable ! parce que toujours Dieu, Dieu tient son regard arrêté sur vous, pour vous purifier, protéger et combler de bienfaits. À la vue de ce regard sauveur, protecteur et bienveillant, comment ne pas avoir et faire éclater constamment votre joie ? Vous surtout, que ce regard a choisie et conduite si visiblement jusqu’à ce jour dans la voie de votre vocation ! Dites donc et ne cessez de dire : Mon âme glorifie le Seigneur et mon esprit se réjouit en Dieu, parce que ce grand Dieu, ce bon Père me regarde ; rien, non, rien – pas même mes péchés – ne sera capable de me décourager. (Saint Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 31, 1845)


29 mai

Seigneur, donnez-moi un cœur qui aime véritablement. Il croit, il goûte les choses de Dieu, il court, il vole sur les pas de Notre-Seigneur Jésus-Christ… L’amour, voilà ce qui mène l’homme ; voilà le secret ressort qu’il faut découvrir dans les postulants et les novices ; voilà le germe divin à développer dans les cœurs. S’il manque, il n’y a rien à faire.
Aussi, c’est à trois reprises que Notre-Seigneur demande à Saint Pierre : « M’aimes-tu ?  » Saint Pierre a répondu par une triple protestation d’amour. « Eh bien, autrefois, tu allais où tu voulais ; maintenant que tu m’aimes, il faut qu’à mon exemple, tu sois crucifié pour tes frères. Suis-moi. » (Jn 21,8). Saint Pierre est heureux, il s’élance à la suite de son Maître et, dans l’excès de sa joie, il veut faire partager son bonheur à Jean, le disciple bien-aimé. Établi pasteur non seulement des agneaux, mais encore des brebis, ne peut-il pas s’occuper de cette brebis choisie, même en présence du Pasteur suprême ? Son cœur ardent déborde : « Et celui-ci, que deviendra-t-il ? » L’amour doit toujours être humble et discret ; celui de Pierre va trop loin, l’apôtre s’occupe de ce qui ne le regarde pas. (…) Arrière la curiosité indiscrète ! « Si je veux qu’il demeure, que t’importe ? Ton affaire, c’est de me suivre. » (Jn 21,22) (St Michel Garicoïts, DS 101)


28 mai

Faisons, ou du moins efforçons-nous -de faire, en croyant, ce que les fortunés habitants du ciel font en voyant. Au ciel, quel respect pour Dieu ! Comme tous ne sont qu’un dans le cœur de Dieu ! Fidèles à notre devise, sans retard, sans réserve, sans retour, ne reculons devant aucun sacrifice, aucun effort, pour répondre à ce vœu, à ce désir ardent de Notre-Seigneur : Qu’ils soient un !… Ici comme là-haut… surtout dans notre Communauté naissante.
Quel bonheur de s’aimer ainsi ! d’exercer l’immensité de la charité, chacun dans les bornes de sa position ! de s’entendre ainsi avec toute sorte de personnes, sans distinction, et d’agir de concert pour la même fin, n’ayant qu’une langue…. en un mot, de répondre si bien au vœu le plus ardent du Cœur de Notre-Seigneur « Qu’ils soient un comme nous ne sommes qu’un! » (Jn 17,22)
Étant hommes de communauté, tout ce que nous faisons à la plus grande portée et les plus grandes conséquences ; car chacune de nos actions agit sur une communauté tout entière, sur laquelle elle attire bénédiction ou malédiction, qu’elle édifie ou qu’elle ruine. (St Michel Garicoïts, MS 358)


27 mai

« Ecce quam bonum… » (Ps 132,1) Ah ! que c’est une chose bonne et agréable que les frères soient unis ensemble ! C’est le cri de ceux qui commencent à goûter l’utilité et la douceur de la charité parfaite. Le psalmiste appelle bon ce qui est utile et agréable ce qui est doux… On trouve l’utile réuni à l’agréable dans la concorde et dans la paix des frères qui habitent ensemble ; car la vertu unie est plus grande et plus forte, elle se conserve mieux et plus facilement : quand plusieurs sont, par la charité, un cœur et une âme, chacun se réjouit du bien des autres autant que du sien propre, ce qui est bien agréable, bien doux… Le Saint-Esprit a voulu nous avertir que l’union des frères doit être plutôt une union de cœur s que de corps… Dieu bénit constamment ceux qui vivent dans la concorde et dans la paix.
C’est si beau d’avoir la paix et d’être un ange de paix même au milieu de la guerre extérieure et intérieure. Tels étaient Notre-Seigneur et la sainte Vierge. (St Michel Garicoïts, « Maître Spirituel », p. 355)


26 mai

Je profite du retour de quelques Sœurs vers Toulouse, pour vous dire que j’avais reçu en son temps votre lettre. Merci des bonnes nouvelles que vous m’avez données. J’en suis heureux, j’en bénis le Seigneur et lui demande de tout mon cœur de vous conserver cette gaieté, ce caractère joyeux. Que votre estime et votre amour pour votre vocation, pour toutes les personnes et les choses de la Congrégation s’affermissent en vous de plus en plus ; que votre charité et votre désir d’être sage, reconnaissante, joyeuse dans le service du bon Dieu abondent toujours ; que votre zèle à faire aimer Notre-Seigneur croisse de jour en jour…
Je crois pouvoir dire avec St Paul : « Je vous aime tous dans les entrailles de Jésus-Christ, et je lui demande que votre charité croisse et abonde de plus en plus, afin que vous éprouviez ce qui est meilleur (…) pour la gloire de Dieu. Je rends grâces à Dieu pour vous, me souvenant toujours de vous en toutes mes prières. » (Philippiens 1) (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 285, 1860)


25 mai

Il faut travailler à l’œuvre de Dieu joyeusement, fortement, au jour le jour, sans s’occuper du succès ni du lendemain. À chaque jour suffit [sa peine] … On me donne une mission : réussira-t-elle ou non ? Je ne dois pas m’en inquiéter, mais marcher avec la confiance et la foi d’Abraham. Je dois faire ce que Dieu me dit par ses lieutenants et comme il me le dit… Tout le reste n’est que vaine préoccupation, tracasserie et tentation que je ne dois pas écouter. Ah ! s’il fallait écouter tout ce qui se dit, tout ce qui sort de la bouche des soi-disant sages, jugeant sans mission de juger… Malheureusement elle n’est que trop suivie, cette fausse sagesse, par exemple en politique… Faisons ce que Dieu veut, comme il le veut ; et puis qu’on dise tout ce que l’on voudra… Nous ne serons pas jugés [sur le succès] : le succès dépend de Dieu, il se l’est réservé ; ne nous mêlons pas de ce que Dieu s’est réservé. (St Michel Garicoïts, « Doctrine spirituelle » n°235)


24 mai

Nous sommes entrés dans la voie du service de Dieu à l’exemple de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous rendant obéissants jusqu’à la croix, en vrais volontaires : « Ayez en vous les mêmes sentiments que le Christ Jésus » (Ph 2,5), ce qui [veut dire] : s’effacer et se dévouer. Abnégation entière, parfaite ; dévouement entier et parfait. Sans s’anéantir, point de vertus vraies et solides : vertus apparentes, illusoires.
Jamais le Cœur de Jésus n’a cherché sa gloire, toujours celle de son Père. Jamais il ne s’est complu en lui-même. Cet homme, tout Dieu qu’il est, se regarde comme un néant, se présente comme un néant devant Dieu et devant les hommes. C’était justice rigoureuse : comme homme, il reconnaît son néant et le confesse, et c’est de conviction et de cœur.
Ne perdons pas de vue l’humilité du Cœur de Jésus. Que, du moins, notre [confrontation] au Cœur de Jésus nous porte à nous montrer doux et humbles de cœur, en attendant que nous le devenions et dans le but de le devenir : prier et nous conduire ainsi. (St Michel Garicoïts, DS 49)


23 mai

Je bénis le Seigneur du bon vouloir qu’il vous a donné, et des fruits que ce bon vouloir a déjà commencé à produire. Croyez-moi, ce n’est que le commencement des choses, grandes, admirables et divines, qu’il opérera en vous, dès le moment que, n’étant en peine de rien d’autre, vous vous livrerez comme Marie, par un sincère et parfait « Me voici » à Notre-Seigneur. Oui, si vous faites cela de votre côté, bientôt (…) votre cœur ne pourra, ne saura vivre, battre, aimer et agir qu’à l’unisson [du Sien] … Votre cœur ne sera plus votre cœur, mais le cœur de Jésus… et cela vous sera bien plus facile que ce que le [démon] a cherché à vous faire croire. Son mensonge, le voici : ou je le puis par moi-même sans la grâce de Dieu, ou c’est impossible. Dites à tout cela : Je puis tout en Celui qui me fortifie, unie de tout cœur à son adorable cœur, entièrement abandonnée à Lui ! Et puis, toujours en avant… Comme je désire et demande ce bonheur pour vous ! (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 374, 1862)


22 mai

Tous les jours penser à vous et ne donner jamais signe de vie, c’est trop fort… D’ailleurs, que vous dire ? Je savais que vous étiez en sûreté et que le bon Dieu bénissait vos travaux pour le prochain, ce qui aboutissait à la paix dans un doux Dieu soit béni. Je vous dirai pourtant que je vous recommande une chose : c’est de ne pas vous livrer à vos œuvres, de vous y prêter seulement, en vous réservant tout entière pour le bon plaisir de Dieu, et pour y trouver toujours la liberté de l’âme, que [rien] ne saura jamais altérer. Donc faire tout ce que l’obéissance vous dira, en vous y prêtant seulement, et vous livrant tout entière et avec calme et bonheur à Dieu seul. Alors vous dormirez en paix et vous reposerez dans ce siècle et dans l’éternité… Dormir, ce n’est pas tout ; tous dorment et du sommeil naturel et du sommeil de la mort ; mais hélas ! Dormir en paix et se reposer voilà ce qu’il nous faut absolument et ce que je vous souhaite de tout cœur. (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 392, 1863)


21 mai

La miséricorde que Dieu a faite aux hommes est ineffable : Dieu a tant aimé les hommes, qu’il a donné son Fils unique pour les racheter. Le Fils de Dieu s’est fait homme… Il nous a réconciliés par sa mort ; il nous a ouvert l’entrée du ciel par sa résurrection et son ascension ; il nous a instruits par sa doctrine, étonnés et touchés par ses miracles ; convertis par le Saint-Esprit ; ranimés, fortifiés, nourris par sa grâce et par ses sacrements ; consacrés, offerts et rendus dignes de Dieu par son sacrifice.
Nous savons que les cieux sont ouverts pour nous, que les bons anges montent et descendent sans cesser de louer Dieu. Ils descendent chargés de ses dons, pour nous assister et nous conduire avec une tendresse plus que maternelle ; ils remontent pour porter nos vœux, nos fatigues, nos souffrances… Ils voient face à face le cœur du Père des miséricordes, du Dieu qui nous a tant aimés !… Imitons les anges ; estimons, aimons notre état, nos occupations, pour nous conformer au Cœur du Dieu qui nous a choisi et cet état et ces occupations. (St Michel Garicoïts, “Maître spirituel”, p. 225.284)


20 mai

Dieu, de qui procède tout bien, demande des instruments dépouillés de tout, surtout d’eux-mêmes, et entièrement abandonnés dans leur cœur à l’action du Saint-Esprit, à la loi d’amour et de charité qu’il a coutume d’y graver, et à la grande loi de l’obéissance, à l’exemple de Notre-Seigneur sous ces deux rapports : « l’Esprit du Seigneur repose sur moi, il m’a consacré par l’onction » (Lc 4,18) ; « Il s’est anéanti et rendu obéissant jusqu’à la mort de la croix » (Ph 2,8) ; ce que résume ce seul mot : Me voici !…
Tout, dans notre conduite délibérée, doit répondre à l’Esprit-Saint et à nos supérieurs : « Me voici, sans retard, sans réserve, sans retour, par amour pour la volonté de mon Dieu ! » … Ou notre profession de tendre à la perfection propre et de nous employer sans compter à celle des autres n’est qu’une fiction, ou nous devons faire tous nos efforts pour pratiquer cette doctrine… « Me voici ! Que votre volonté soit faite en moi comme au ciel ! » (St Michel Garicoïts, lettre circulaire 293, 1860)


19 mai

Redoublez de zèle pour remplir les devoirs de votre position actuelle. Ne vous laissez pas décourager par le vif sentiment de vos luttes intérieures et extérieures. Le sentiment de la souffrance qui tient à votre sensibilité n’est pas un péché et doit être même en vous un mérite.
Souvenez-vous qu’au ciel vous avez un Père, qui est en même temps votre mère, dont vous avez à respecter les droits, à ménager les délicatesses. Les marques, les insinuations si visibles de sa prédilection ne doivent pas trouver en vous de fluctuations, de découragement, mais elles doivent vous trouver livré tout entier à elles, sans partage, sans réserve, sans retour…
Attendez le moment du Seigneur, avec ce calme qui déconcerte les assauts les plus furieux, et cette résolution inébranlable qui ne laisse aucune prise à l’ennemi. « D’un grand espoir j’espérais le Seigneur : il s’est penché vers moi pour entendre mon cri… » (Ps 39,1) (St Michel Garicoïts à un jeune homme, lettre 145, 1858)


18 mai

Construire, façonner cette solitude, par laquelle l’esprit est toujours attaché à Dieu, du moins virtuellement. Qu’on nous surprenne dans un office, qu’on nous demande pour qui nous travaillons, il faut pouvoir répondre : pour Dieu… Tenir toujours l’esprit dans la même assiette, quoi que l’on fasse ; que les rois, les empereurs, les papes paraissent devant nous, soyons inébranlables. Il faut que les sens soient à l’épreuve des impressions terrestres : nous devons être célestes : nous ne devons entendre rien de ce qui incommode.
Nous devons avoir notre mot, notre cri de ralliement. [« Me voici ! Fiat voluntas Dei ! »] Nous l’entendrons souvent, lorsque nous serons au milieu des agitations du monde ; cette devise chérie nous appellera au fond du cœur, où nous irons mettre ordre, dans la paix de la solitude, parmi les affaires de notre âme. Notre foi en Dieu doit être sans bornes ; c’est dans les affaires désespérantes qu’il faut surtout espérer en lui. (St Michel Garicoïts, Circulaire, lettre 111, 1855)


17 mai

Il faut reprendre les travaux et les occupations extérieures de votre état. Il vous paraîtra d’abord que c’est ajouter sur la peine, comme si vous n’étiez pas déjà assez mortifiée … Mais voici un des plus sublimes et des plus beaux mystères de la vie spirituelle : plus vous mortifierez votre corps dans l’obéissance et plus vous vivifierez l’esprit ; et quand l’esprit est fort et animé par le St-Esprit, tout devient, non seulement praticable, mais facile et agréable ; « lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort », disait l’Apôtre.
C’est tout le contraire, si nous laissons le corps prendre de l’ascendant sur l’esprit. Il est de la bonté même de Dieu de nous donner les plaisirs de l’esprit, lorsque nous nous privons pour lui de ceux du corps, et l’on peut dire qu’il nous épargne d’autant plus que nous nous épargnons moins. Renoncez aux vains soulagements que vous pourriez chercher ailleurs qu’en Dieu. (…) Comme il a de quoi contenter pleinement nos cœurs, il veut aussi que nous les tournions uniquement vers lui et que nous y cherchions tout notre repos. (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 468, 1863)


16 mai

Ô Marie, nous voici ! Recevez-nous et présentez-nous à votre divin Fils…
Ô Jésus, nous voici ! Recevez-nous des mains de votre sainte Mère et présentez-nous à votre Père…
Ô Père éternel, nous voici ! Recevez-nous des mains de votre Fils bien-aimé. Nous nous abandonnons à votre Amour.
Oui, mon Dieu, nous voici sans réserve, maintenant et à jamais, sous la conduite de votre Saint-Esprit et de nos supérieurs, sous la protection de Jésus et de Marie, de nos bons Anges et de nos saints Patrons…
Quelle libéralité ! Cette même libéralité qui fait qu’il nous donne son Père, fait qu’il nous donne aussi sa Mère. Il veut qu’elle nous engendre selon l’esprit, comme elle l’a engendré selon la chair, et qu’elle soit en même temps sa mère et la nôtre, pour être notre frère en toute façon. Ô mon Frère, votre Père est mon Père, votre Mère est ma Mère ! (St Michel Garicoïts, MS 210)


15 mai

L’amour est un sentiment précieux [qui] a dicté toute la conduite de Notre-Seigneur. Il entré dans la carrière par ce mot : Me voici ! et ne s’est jamais départi de ce dévouement sans bornes. Il nous a aimés et estimés beaucoup. Et pourquoi [cela] ? C’est qu’il voulait se faire aimer et estimer de nous, et se servir de cet amour que nous concevrions pour lui, afin de gagner nos cœurs à Dieu.
Vous aussi, vous voulez vous concilier une affection respectueuse dans vos enfants (…), mais comment ? – Aimez-les et estimez-les beaucoup et agissez à leur égard, constamment, en personne qui les aime et qui les estime ; leur parler, les instruire, les récompenser, les punir même en personne qui les aime et qui les estime. C’est ce qu’a toujours fait votre modèle et le mien, Notre-Seigneur.
Une pensée bien propre à entretenir ce sentiment dans le cœur : tout ce que je ferai à cette Sœur, à cet enfant, à ce malade, ce sera à Jésus-Christ que je l’aurai fait… (St Michel Garicoïts à une religieuse enseignante, lettre 46, 1847)


14 mai

FÊTE DE SAINT MICHEL GARICOÏTS
Faites faire à chacun des nôtres cette prière à Notre-Seigneur Jésus-Christ :
Mon Dieu, ne regardez pas mes péchés, mais la Société que votre Sacré-Cœur a conçue et formée. Daignez lui donner votre paix, cette paix selon votre volonté, laquelle seule peut la pacifier et unir étroitement tous ceux qui la composent entre eux, avec leurs supérieurs et avec votre Divin Cœur, de manière à être un, comme vous et votre Père et le Saint-Esprit vous êtes un. Amen. Fiat ! Fiat !
Qu’on fasse cette prière tous les jours, avec les dispositions du prêtre au moment de recevoir la sainte communion, et de St François Xavier, quand il écrivait à genoux à son Supérieur, protestant qu’au premier signal, il se rendrait auprès de lui, quittant tout, et quand il portait en forme de chapelet sur lui les noms de [ses confrères], et qu’il attribuait à leur intercession le fruit de ses travaux. Quelle profonde humilité, quelle confiance, quel amour, quel dévouement pour la Compagnie ! (Lettre 368, Circulaire 24/04/1862)


13 mai

L’apparition de l’Immaculée Conception à la grotte de Lourdes vient d’être proclamée par Mgr Laurence, qui va faire bâtir une belle chapelle et consacrer ce nouveau pèlerinage. Plusieurs des nôtres y ont été déjà, avec notre petite offrande. Il serait peut-être bien d’en envoyer une vous aussi à Mgr pour aider à la construction. Écrivez une lettre pour lui témoigner votre joie en apprenant ce grand et nouveau bienfait à nos Pyrénées…
C’est avec grand plaisir que j’ai appris l’ordination des nôtres ; puissent-ils ne jamais cesser d’être au service de l’Esprit qu’ils ont reçu par l’imposition des mains de l’évêque.
Sachons ce que nous sommes et de quel esprit nous sommes… N’avoir jamais l’air de nous défier, pratiquer la grande règle de la charité fraternelle, et être plus porté à prendre en bonne part qu’à blâmer ; justifier l’intention, s’il est impossible de justifier l’action ; et s’il est impossible de justifier l’intention, exercer la charité sans manquer aux convenances. (St Michel Garicoïts au supérieur de la communauté de Buenos Aires, Lettres 354.377, 1862)


12 mai

Dieu est le premier moteur dans l’ordre moral comme dans le monde physique, le centre d’où découlent tous les biens. Mais il n’agit pas seul, sauf dans les circonstances très rares… En dehors de ces cas exceptionnels, Dieu demande et attend notre concours…
Les créatures, dans l’ordre physique, répondent à l’ordre de Dieu. Au printemps la nature se renouvelle ; on voit briller les fleurs ; plus tard, aux fleurs succèdent les fruits. Et nous, les coopérateurs de Notre-Seigneur Jésus-Christ, savons-nous faire fleurir et fructifier les âmes ?
Louer, révérer, servir le Seigneur, voilà le but de la création. Il est si facile de servir Dieu en Jésus-Christ et par Jésus-Christ ; il suffit de faire ce que Dieu veut et comme il le veut. Voilà la vie véritable que les ministres du Seigneur doivent s’efforcer de communiquer.
Que d’âmes se perdent ! Et cependant Dieu veut d’une volonté si sérieuse le salut de tous ! Il a tant souffert pour le procurer ! (St Michel Garicoïts, « Doctrine Spirituelle » n°333.334)


11 mai

Le zèle amer ne vaut rien ; le zèle est l’enfant de la charité ; il doit donc être ferme, mais surtout doux et compatissant, prudent et maternel… Soyez bonne, soyez vous-même… soyez moelleuse sans être molle.
Sans doute, [votre situation] est difficile ; mais non seulement la grâce, mais Notre-Seigneur lui-même est avec vous ; remplissez-vous de son esprit et de ses façons ; agissez en lui et comme lui ; et tout ira à merveille ; il s’y entend mieux que nous ; abandon et confiance sans bornes. N’arrachez jamais l’ivraie, ni à la fois, ni avant le temps, ni au détriment du froment. Sachez même la laisser croître souvent jusqu’à la moisson, quand telle est la volonté de Dieu, et cela, dans les autres et en vous-même, et ce ne sera pas votre moindre mérite. Lisez l’Évangile d’aujourd’hui ; saisissez le plan du Sauveur et tâchez de le suivre. (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 97, 1854)


10 mai

Le souvenir que ce que nous faisons aux autres pour Jésus-Christ, nous le faisons à lui-même, quelle règle parfaite ! L’édifice de notre perfection sera toujours imparfait. Jésus-Christ seul a parfaitement suivi la règle de la charité ; c’est lui-même qui est la règle de toute règle : « via, veritas et vita » – la voie, la vérité, la vie (Jn 14, 6). Il faut courir dans cette voie, ou y marcher, ou du moins s’y traîner…
La véritable charité est douce et forte à la fois ; elle sait allier l’amour des personnes avec la haine du vice … Qu’elle est admirable, la conduite du Sauveur vis-à-vis de la femme adultère et de la Samaritaine ! Quel respect, quelle bonté pour les personnes, tout en attaquant et en détruisant le [péché] dans les cœurs !… À son exemple, il faut témoigner toute sorte d’égards au prochain, tout en le redressant quand le devoir l’exige, avec un mélange de force et de suavité : « fortiter in re, suaviter in modo » (ferme sur le fond, doux dans la manière) … (St Michel Garicoïts, DS 153.154)


9 mai

Si vous avez du goût pour [la communion], Deo gratias ! Si le goût sensible vous manque, en avant !… Vous direz en toute simplicité à Notre-Seigneur que vous allez à Lui parce que vous en avez besoin et que vous ne pouvez pas vous en passer. En toute hypothèse vous devez aller à Jésus comme à un bon Maître, lui parler toujours avec toute simplicité et toute confiance, et être toujours contente de l’état où il vous voudra.
Heureux abandon, qui est si glorieux à notre bon Maître, si consolant et méritoire pour l’âme ! Ce saint abandon doit exclure toute inquiétude, toute crainte et dilater toujours le cœur par la confiance et l’amour.
Adieu, ma chère Sœur, je ne cesserai de vous présenter, par les mains de Marie, au Cœur de son divin Fils. C’est en effet de son Cœur adorable, mais par les mains de Marie, que découleront sur vous les grâces dont il est la source, dont Marie est la Protectrice, et dont vous avez si grand besoin. (St Michel Garicoïts à une laïque, lettre 3, 2° partie, 1829)


8 mai

Oh ! combien je bénis le Seigneur de l’heureux succès dont il a couronné vos soucis et vos sollicitudes… Notre bon Maître a voulu par-là vous prouver que c’était par une disposition de sa Providence qu’il vous avait retenue dans le sein de votre famille…
Restez donc bien en paix dans la position où lui-même vous a placée, et tenez pour certain que, lorsqu’il voudra la changer, il vous le fera connaître d’une manière qui ne vous laissera aucun doute. En attendant faites le bien qu’il vous présentera. Faites-le sans empressement, mais bien doucement et en paix. Oui, ma Sœur, notre Bon Maître veut que vous la goûtiez, cette paix ; c’est la sienne ; il vous l’a donnée la veille de sa mort, et c’est pour l’affermir et pour vous en assurer la jouissance qu’il vient établir son trône presque tous les jours dans votre cœur. (St Michel Garicoïts à une dame, lettre 3, 1° partie, 1829)


7 mai

« Celui qui fait la volonté de mon Père est pour moi frère, sœur et mère. » (Mt 12,50) Ces paroles devraient être profondément gravées dans l’âme de chacun… Être un serviteur de Dieu, c’est quelque chose de bien grand. Être l’ami de Jésus est grand et honorable. Être épouse du Christ est encore plus grand et plus glorieux… Serviteur de Dieu, ami de Dieu, épouse de Dieu, quelle dignité ! C’est plus encore d’être frère et mère de Jésus-Christ. Et c’est à de tels honneurs qu’élève l’accomplissement de la volonté divine… Le Fils de Dieu tient réellement pour frère, sœur et mère celui qui fait la volonté de son Père. Il le tient pour frère, et il l’aime d’un amour fraternel ; il le tient pour mère, et il l’aime d’un amour filial…

Être, selon la chair, le frère du Christ, quelle dignité ! Quelle estime n’avons-nous pas pour la sainte Vierge, parce qu’elle a engendré Jésus ! Eh bien, nous pouvons atteindre à cette parenté, à cette consanguinité : faisons constamment en toute chose la volonté de Dieu. (St Michel Garicoïts, PMV 35)


6 mai

Occupez-vous de bonnes œuvres, sans vous y livrer, vous prêtant à celles que la divine Providence vous présentera… Le grand point et ce que je vous recommande le plus instamment, c’est de veiller sur vous-même pour conserver cette paix si précieuse que Notre-Seigneur vous a donnée, cette paix qui est la sienne, la paix de son Cœur, donnée par testament la veille de sa mort.
Ainsi une confiance et un abandon sans bornes entre les mains d’un si bon Maître ! Et ce mot : Oui, mon Jésus, dans toutes les épreuves possibles ! Ce oui qui a reposé dans le Cœur de Jésus et qu’il adressait avec tant d’amour à son Père : Oui, mon Père ! doit aussi reposer dans votre cœur et venir souvent se placer sur vos lèvres, en s’adressant à Jésus ; voilà le moyen assuré de la paix.
Nous n’avons rien dit de Marie, notre bonne Mère ; mais souvenez-vous toujours de ce mot : Tout par Marie ! (St Michel Garicoïts, à une laïque, lettre 6, 1830, 2e partie)


5 mai

Pénétrez-vous de plus en plus du sentiment de la bonté du Seigneur. Il est votre bon Maître et il ne vous appelle pas seulement sa servante, mais son amie… Vous savez quels liens vous unissent à lui et à sa divine Mère. Donc qu’il ne soit pas dit qu’aucune tentation, qu’aucune épreuve, quelle qu’elle soit, puisse jamais vous faire douter un instant de son amour et altérer la paix de votre âme.
Quand même il vous semblerait que vous avez été infidèle ne vous laissez jamais aller au découragement, mais dites en toute simplicité au bon Jésus que vous allez tâcher de mieux faire. Et puis, courage, confiance et une sainte joie ! Voilà comment ce bon Maître veut être servi. Où serait le mérite de votre confiance, de cette confiance, qui lui est si glorieuse et si chère, si vous ne trouviez en vous que des témoignages ? (St Michel Garicoïts, à une laïque, lettre 6, 1830, 1e partie)


4 mai

La peine passe, le nuage se dissipe, les victoires qu’a remportées une âme la fortifient de plus en plus et la rendent désormais invincible… Sans doute, il faut du courage pour se tourner vers Dieu. Il faut se faire violence, comme Jésus-Christ s’arrachait à ses disciples, faisait effort pour aller prier [au Jardin des Oliviers]. Oui, il faut du courage pour se persuader que c’est l’unique moyen de retrouver le calme et le vrai contentement du cœur.
Encore ne faut-il pas prétendre de le retrouver dès les premiers efforts et dès les premières victoires… Il faut s’armer de constance et de prière. C’est [une épreuve] qu’il faut supporter avec une fermeté et une persévérance infatigable. Bien plus, et c’est le point le plus essentiel, mais le plus capable de vous étonner, c’est que vous ne devez pas même directement vous attendre que Dieu prenne soin de vous consoler. Qu’il en use comme il lui plaira. Non pas ce que je veux, ô mon Dieu, mais ce que vous voulez. (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 468, 1863)


3 mai

« ME VOICI… sans retard sans réserve sans retour pour ce qui est de moi. »
« Voici la servante du Seigneur qu’il me soit fait selon votre parole… »
Vous êtes très occupée et pauvre ouvrière… je suis bien plus pauvre ouvrier que vous ! Quoi qu’il en soit, nous devons dire l’un et l’autre : « Dieu sait tout le mal que nous avons fait… Si nous avons fait quelque bien, c’est le bon Dieu qui a voulu se servir de nous, malgré notre misère et celle des autres. Aussi devons-nous prier et faire prier pour que ce bon Père continue à nous conduire, et porter le poids de nos ministères, bien convaincus que, sous la conduite d’un tel pasteur, rien ne nous manquera pour arriver nous-mêmes à bon port et pour y conduire beaucoup d’autres. » (…) Je vous dirai, puisque vous voulez avoir des nouvelles de Bétharram, que notre Société est dans un moment bien critique. Mais [avec vos prières], je suis sûr que (…) Dieu la conservera et la fera avancer. Amen ! (St Michel Garicoïts, à une religieuse, lettre 92, 1852)


2 mai

« Je vous salue, Marie, pleine de grâce »… « tota pulchra, semper in luce » (toute belle, toujours dans la lumière). Pour faire le bien, elle évita tout péché, même véniel… Elle a pratiqué toutes les vertus parfaitement : elle est le modèle de toutes les vertus, après Notre-Seigneur, née sans le péché, conçue sans péché….
Elle était pleine de grâce, jusqu’à rejaillir sur la chair ou sur le corps. Avoir reçu, comme les autres saints, assez de grâces pour sanctifier l’âme, c’est beau¬coup ; mais l’âme de la Sainte Vierge en fut si pleine que, de l’âme, elle se répandit sur la chair, au point que, de cette même chair, elle conçut le Fils de Dieu…
Enfin, elle fut pleine de grâce, au point d’en ré¬pandre sur tous les autres hommes : c’est immense ! C’est déjà beaucoup d’avoir assez de grâce pour son salut et pour le salut de plusieurs autres. Mais pour tous ! Encore une fois, c’est immense ! C’est pourtant vrai. Aussi, toujours, pouvons-nous recourir à elle et trouver le salut. (St Michel Garicoïts, MS 207)


1° mai

Adorons, aimons, obéissons. Dieu a ses vues. En avant !… Quitter son pays, aller dans une terre étrangère, où l’on sera sans secours du côté des hommes ; ne pas savoir combien de temps il faudra y passer ; les peines et les dangers d’un si long voyage… Que de raisons pour témoigner de la répugnance ! Joseph ne songe qu’à obéir. Dieu a ses vues : arrivera ce qu’il voudra… Jésus, Marie, Joseph, demeurent en Égypte jusqu’à ce que le Seigneur leur ordonne de partir. Et, pour être au milieu de l’idolâtrie, ils n’en sont pas moins à Dieu.
On se plaint quelquefois de son état, de son emploi, et l’on s’imagine que l’on ne saurait y bien servir Dieu. Dangereuse illusion ! L’endroit où nous pouvons le mieux nous sanctifier, c’est celui où il nous veut. C’est sa grâce qui nous sanctifie : il sait la proportionner aux divers états et aux divers emplois où il nous met. Tel se sauve au milieu du monde, qui se serait perdu dans un monastère. (St Michel Garicoïts, « Père Me Voici » p. 51-52)


30 avril

Pour retourner dans la paix et le goût de notre état, quand nous avons perdu l’un et l’autre, nous devons nous rapprocher de Dieu et l’engager par là à se rapprocher lui-même de nous. Je veux dire qu’il faut reprendre les exercices qu’on avait négligés, qu’il faut faire tout ce qui dépend de nous, pour s’acquitter de tout plus exactement que jamais ; qu’il faut renoncer à tous les soulagements qu’on cherchait ailleurs qu’en Dieu ; enfin qu’il faut nous abandonner à la Providence divine et consentir à tout ce qu’elle voudra, nous remettant entre ses mains, soit pour nous laisser dans la peine, soit pour nous en tirer quand et comme il lui plaira…
Ce sont des efforts et des moyens nécessaires ; cherchez, vous ne trouverez rien d’autre qui vous rende le calme. Tout le reste pourra bien vous amuser quelquefois ; mais vous n’y trouverez rien de vrai, rien de solide et, après mille tours et mille retours, vous serez toujours obligée d’y revenir. (Saint Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 468, 1863)


29 avril

Je comprends très bien tout ce que vous avez dû éprouver en perdant coup sur coup ces personnes qui vous étaient si chères… Soyez persuadée que je prends une vive part à vos peines et que je prie de tout mon cœur pour tous les vôtres, morts et vivants, comme pour les miens mêmes. Il faut cependant en convenir, la religion apporte bien d’ineffables consolations au milieu des douleurs les plus amères…
Laissez tous ces retours sur le passé… J’ai déjà eu l’occasion de vous dire que le démon cherchait à vous troubler par là. Servez donc le Seigneur en toute paix et avec un calme inaltérable.
Le bon Dieu nous a visités nous aussi. Nous avons perdu en peu de jours un prêtre, un scolastique et un Frère. Maintenant la foule de nos malades est en pleine convalescence, nous n’en avons qu’un qui soit en grand danger. Prions le Seigneur d’avoir pitié de nous.
P.-S. En avant donc, pour votre passé, je m’en charge ! (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 134, 1857)


28 avril

Faites ce que je vous ai dit hier, et dites-moi que vous l’avez fait… Si vous m’écoutez, comme tout doit vous y porter, nous aurons lieu de nous écrier : « Gloire à Dieu dans les cieux et paix aux hommes qu’Il aime »…
3° Soyez libre de toute idée maniaque et de toute affection désordonnée.
4° Soyez bienveillant et doux envers tout le monde ; ferme sans raideur, sans sévérité déplacée.
5° « Corde magno et animo volenti ! » (de grand cœur et d’une âme volontaire) pour faire la volonté de Dieu ; en garde contre vos lenteurs sempiternelles et crucifiantes ; beaucoup de force d’âme et de courage, pour soutenir votre propre faiblesse et celle des autres.
6° Vigilance et sollicitude à commencer les choses, vigueur à les mener à leur fin, [et non] de manière à ne les laisser qu’ébauchées et imparfaites par incurie, relâchement ou manie.…
À l’œuvre donc ! Je prierai tous les jours pour vous à la Sainte Messe. (St Michel Garicoïts à un supérieur de communauté, lettre 258, 1860, 2e partie)


27 avril

Je sens un besoin de conscience de vous presser d’imiter la conduite de M. Claverie… Il eut confiance en Dieu et le courage de sa position. Donc : 1° Vous unir le plus possible à Notre Seigneur soit dans la prière, soit dans toutes vos actions, afin d’obtenir de la source de tout bien une large participation à ses dons et à ses grâces, pour vous et les vôtres, et beaucoup de force et d’efficacité [au service] de ces pauvres, mais bonnes âmes.
2° Redoubler de zèle pour être un homme d’exemple, pour faire briller en vous, dans tout son éclat, la charité envers le prochain et envers la communauté, et la véritable humilité, afin que vous soyez aimable aux yeux de Dieu et des hommes. Lorsque vous vous concentrez en vous-même, croyez-moi, vous n’êtes pas agréable au bon Dieu et vous faites une peur terrible aux hommes !… Cessez donc de vous rendre ainsi méconnaissable ; vous avez tout à gagner à vous faire connaître. (St Michel Garicoïts à un supérieur de communauté, lettre 258, 1860, 1e partie)


26 avril

Qu’elle est grande ! qu’elle est belle l’œuvre qui vous est confiée ! Il s’agit de convertir les cœurs de [vos Sœurs] en cœurs apostoliques, avec la grâce de Dieu. Pour y réussir, effacez-vous, soyez anéantie ; mais aussi ayez un cœur grand, une âme qui veut, un cœur d’apôtre. Vous ne pouvez rien par vous-même ; vous pouvez tout en celui qui vous fortifie.
Courage ! travaillez constamment vous et vos compagnes à cultiver en vous l’esprit d’humilité qui vous rende toutes petites, sans prétention, l’esprit d’obéissance qui vous unisse de plus en plus à vos supérieurs, et l’esprit de charité qui vous lie entre vous : de là dépendent la conservation, le bien-être et les succès de la Congrégation. Aussi ma prière de tous les jours pour les Filles de la Croix est et sera : qu’elles soient petites !… par l’humilité ; qu’elles soient un !… par l’obéissance et par la charité. Demandez au bon Dieu la même grâce pour les habitants de Bétharram. (St Michel Garicoïts à une supérieure, lettre 22, 1844)


25 avril

Il ne suffit pas d’écouter l’Évangile, même avec docilité ; il faut pratiquer ce qu’il ordonne. La prière, la dévotion qui ne nous rendrait pas plus fidèles à nos devoirs, plus soumis à la volonté de Dieu, est une pure illusion et ne nous ouvrirait pas le ciel. Les miracles mêmes ne nous empêcheraient pas de nous damner.
Écouter et faire, c’est bâtir sur la pierre, à toute épreuve. Croire se sauver par la seule foi, c’est se tromper ; enseigner que la foi seule suffit pour nous sauver, c’est tromper les autres. Écouter sans pratiquer, c’est s’abuser, se rendre coupable, ajouter aux autres péchés le mépris de ce moyen de salut.
L’Évangile est un miroir fidèle, qui nous représente nous-mêmes à nous-mêmes, qui nous montre nos péchés et nos défauts… La loi chrétienne est parfaite parce qu’elle nous fournit tout ce qu’il faut pour nous éclairer, nous faire comprendre la vérité, nous corriger de nos défauts, perfectionner en nous tout ce qu’il peut y avoir de louable. (St Michel Garicoïts, Maître Spirituel, 238)


24 avril

Je comprends ce que vous souffrez et j’y prends une vive part. Mais j’ose vous parler à cœur ouvert : nous ne devons pas nous désoler outre mesure de la perte des choses et des personnes d’ici-bas ; les choses de la terre ne sont pas comparables à celles du ciel, où nous devons placer notre cœur et notre espérance.
Relevons-nous donc, enfants du Père Céleste, héritiers de la vie éternelle. Notre Dieu n’est jamais perdu pour ceux qui lui appartiennent, et il ne perdra pas les siens. Mais il veut nous avertir de la fragilité des biens humains (…) afin que nous brisions les chaînes par lesquelles ils nous entraînent et que notre amour se tourne tout entier vers Celui que rien ne pourra nous ravir.
Croyez que c’est lui-même qui vous parle par ma bouche, comme il vous parlerait par votre bien-aimé défunt, s’il vous écrivait à ma place… Il nous a promis pour récompense une félicité que personne ne peut nous enlever. Donc, nos cœurs en haut ! « Sursum corda ! » (St Michel Garicoïts à une dame, lettre 248, 1860)


23 avril

Quand donc comprendrons-nous que, de tous nos devoirs, le premier et le plus indispensable, en même temps que le plus précieux, c’est de nous présenter constamment à Dieu et à ses représentants, en reconnaissant et en confessant notre néant, en nous abandonnant à eux, effacés et dévoués, en leur disant chacun : « Me voici ! » Mon Dieu, donnez-nous cet esprit de votre divin fils, Notre- Seigneur.
C’est vous dire que vous ne devez rien négliger pour combattre énergiquement toute tentative opposée à cette conduite, qui est un devoir de notre état et le grand moyen d’attirer sur nous les bénédictions du Seigneur toujours, et de se concilier ainsi le respect, la confiance et l’affection des hommes ; du moins de finir par là. Les tendances contraires ne devraient pas exister, même à l’égard d’une autorité malveillante… Mon Dieu, me voici ! nous voici ! Donnez-nous de goûter ce qui est droit, et de jouir de consolations de l’Esprit-Saint. (St Michel Garicoïts à un supérieur, lettre 163, 1858)


22 avril

« Dieu a tant aimé le monde » (Jean 3,16) … C’est un Dieu fondu en charité. Il nous sollicite, il nous presse, il s’immole, tout en voyant que nous ne nous rendons pas à son cœur… Le miracle des miracles, c’est de ne pas se rendre à ce fait si manifeste du Verbe fait chair pour nous unir à son Père. Pourquoi ne voyons-nous pas cette lumière plus éclatante que le soleil ?…

Dieu m’a tant aimé qu’il lui a plu de se faire aimer de moi ; et il m’a créé, il m’a conservé, il me conserve à chaque instant. Il m’a donné son Fils, il m’a racheté en livrant à la mort la plus cruelle ce Fils bien-aimé.

Ô mon Dieu, vous m’avez tant aimé ! Ô Dieu, vous avez tant fait pour vous faire aimer de moi ! Vous avez tant désiré, vous désirez tant que je vous aime !… Me voici, ô mon Dieu, me voici ; mon cœur est prêt, je ne me refuse à rien pour vous prouver mon amour. Que voulez-vous que je fasse ? Me voici. (St Michel Garicoïts, « Doctrine spirituelle » 100.74)


21 avril

J’ai du plaisir à penser que les fruits de [mon ministère] plaisent à une personne telle que vous. J’en éprouve bien davantage à voir votre cœur s’attacher à l’amour de l’éternité et de la vérité, à l’amour de cette céleste Communauté dont Notre Seigneur est le Supérieur général. Je vois que vous en approchez, et je vous aime à cause de l’ardent désir de parvenir à la vérité éternelle. De là découle la véritable amitié ; elle ne tire pas son prix des avantages temporels ; c’est un amour tout gratuit, car personne ne peut être véritablement ami d’un homme, s’il ne l’a été premièrement de la vérité… Les hommes parlent beaucoup là-dessus, mais on ne trouve pas toujours en eux le culte du vrai Dieu, d’où il faut tirer tous les devoirs du bien vivre. Leur erreur vient de ce qu’ils veulent se fabriquer, en quelque sorte de leur propre fonds, une vie heureuse et qu’ils croient devoir le faire plutôt que de le demander ; tandis que Dieu seul la donne. Nul ne peut faire l’homme heureux, si ce n’est Celui qui a fait l’homme. (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 459, vers 1863)


20 avril

Croyez-vous qu’il puisse y avoir un gouvernement parfait sur cette terre ? Certainement, c’est impossible. Le plus parfait, c’est le gouvernement de l’Église, puisqu’il est divin. Pourtant que d’abus, que de désordres dans l’Église, qui a été instituée par Notre-Seigneur et qui est assistée par le St-Esprit ! Que fait le Souverain Pontife ? Il tolère tous les maux qu’il est impossible d’extirper, il détruit tout ce qu’il peut détruire, mais avec une patience proverbiale… Il n’avance dans les réformes qu’en tâtonnant, pour ainsi dire ; il laisse faire Dieu, le temps et les événements, et il considère surtout de quel côté souffle le St-Esprit… Sachez que le bien qui doit avoir quelque durée ne se fait que lentement, imperceptiblement. Sachez encore que le paradis n’est pas ici-bas… Mais alors, comment se comporter ? C’est tout simple. Faire, dans les bornes de votre position, tout ce que vous pourrez… Et puis vous tenir parfaitement tranquille. Dieu ne veut rien au-delà. (St Michel Garicoïts à un religieux, lettre 196, 1859)


19 avril

Avec la loi d’amour gravée dans son cœur, le juste voit et goûte le bien ; il marche admirablement et en fait bien plus que ne prescrivent les règles … Sans le Maître intérieur, la science seule des Écritures est un obstacle pour aller au Sauveur. À cette école, Madeleine apprend à verser les larmes de l’amour pénitent. Aussi, tandis que le pharisien fier de sa sainteté extérieure est blâmé par Notre-Seigneur, la pécheresse en est louée et reçoit l’assurance du pardon. Formées à cette école, les saintes femmes courent au tombeau du Sauveur ; les apôtres les traitent de visionnaires ; pourtant elles sont bien mieux inspirées qu’eux avec leurs calculs et leurs raisonnements. L’amour tout seul fait marcher aussi bien et mieux que la règle. Dans la primitive Église, on ne connaissait pas toutes ces lois qui régissent maintenant la société chrétienne, et cependant la multitude des fidèles ne faisait qu’un cœur et qu’une âme… On marchait alors en plein sous la conduite du St-Esprit. (St Michel Garicoïts, DS 134)


18 avril

Tout me porte à penser que ce prêtre dont vous me parlez (…) devrait s’asseoir comme Marie-Madeleine, aux pieds de Jésus, sans être en peine de rien autre que d’écouter ce que le bon Maître voudra d’elle, entièrement soumise et abandonnée à lui d’esprit et de cœur, continuant à subir avec patience et calme toutes les épreuves… Visiblement le Seigneur gouverne cette âme et elle n’a rien à craindre ; rien ne lui manque. Qu’elle s’écrie donc : « Magnificat anima mea Dominum ! » Mon âme exalte le Seigneur ! C’est Lui qui me conduit…

Je sais qu’avec la grâce de Dieu vous vous efforcerez de pratiquer vous-même ce que vous conseillez à ce brave homme, en serviteur inutile, et puis d’aller à la fine pointe de votre âme, à cette permanente habitation, et d’y pratiquer le précieux acte d’abandon. Ô détachement ! La seule chose nécessaire ! Que le bon Dieu nous l’accorde. Priez pour moi. (St Michel Garicoïts à un directeur spirituel, lettre 328, 1861)


17 avril

Faites, et faites le mieux que vous pourrez ce que vous devez faire dans votre position, ne comptant que sur Dieu, sans vous occuper de ce qu’y ferait ou ne ferait pas une autre, et sans être en souci même du succès de vos travaux. Arrivera ce que le bon Dieu voudra !

C’est vrai, il y a beaucoup à faire ; raison de plus pour que vous ne soyez pas une tournilleuse [tournée sur vous], pour que vous exerciez l’immensité de la charité dans les bornes de cette position, d’un cœur grand, d’une âme qui veut. Vous pouvez tout dans Celui qui vous fortifie et qui vous est toujours présent pour être à chaque instant votre lumière, votre force, votre tout. Je le prie de tout mon cœur que vous traitiez avec lui d’égale à égal, comme il le veut tant ; c’est pour cela qu’il est descendu si bas, petit enfant, pain quotidien, oui, afin de vous inspirer un esprit vraiment filial pour lui. Il serait bien temps de vous laisser gagner par tant d’avances de sa part. Amen. (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 107b, 1854)


16 avril

Pourquoi tant raisonner sur votre position ? Je ne doute pas que ce soit la volonté de Dieu que vous y soyez. À cet égard, maintenant et toujours, ne rien demander, ne rien refuser ; en avant, Dieu le veut !… Plus de ces retours, de ces « si », de ces « mais » !
Je ne crains ni votre position, ni vous-même, ni votre esprit trop raisonneur, ni même ces impressions de découragement. Mais tout ce que je crains le plus en vous, c’est, après tant de grâces, ce défaut de confiance sans bornes en Dieu. Paix, paix, même dans la guerre, paix à tout prix, paix malgré tout, et courage ! Voilà ce qui devrait être le sentiment-roi de votre cœur constamment. Avez-vous peur même de Dieu ? Jetez-vous dans ses bras ; c’est l’unique conduite raisonnable, convenable que vous ayez à tenir. (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 107a, 1854)


15 avril

Pour ce qui est de votre position, elle ne présente pas, j’espère, grand danger pour vous. On dirait même que tout vous porte à vous attacher à Dieu, à placer en lui toutes vos espérances. Oui, oui, comme tout vous y pousse, donnez-vous corps et âme tout entière au bon Dieu, le repos éternel de nos cœurs, et dès ce moment vous serez heureuse, comme vous pouvez et devez l’être et comme je désire que vous le soyez.
Toute petite devant Dieu, toute dévouée à ses desseins sur vous, vous aurez une place distinguée dans son Cœur… Vous serez comme les apôtres, qui lui étaient plus chers que tous les autres hommes. Mais vous n’arriverez là qu’en vous faisant petite, dévouée, joyeuse et constante, par amour pour Dieu et son Fils, pour ressembler parfaitement à ce divin modèle. Puissé-je voir ainsi en vous un apôtre ! Puissé-je le devenir moi-même de la même manière ! Me voici, petit, dévoué, reconnaissant et constant. Amen ! Amen ! (St Michel Garicoïts, lettre 264 à une religieuse, 1860)


14 avril

Ne vous tourmentez pas ; la piété des Filles de la Croix n’aura jamais rien à perdre, quand, sans qu’il y ait de leur faute, elles seraient privées de la sainte messe, même tous les jours de la semaine. C’était leur première destination d’habiter des paroisses, où il n’y avait pas de prêtre : les dimanches même, elles devaient quelquefois faire les deux lieues pour avoir une messe. Mais vous n’en êtes pas encore réduites à cette extrémité, et j’en ai la confiance, vous aurez la sainte messe tous les jours, vous pourrez visiter le Saint-Sacrement autant que vous voudrez. Tranquillisez-vous donc ; tout s’arrangera, pourvu qu’on veuille s’entendre. Mais comme nous ne sommes ni prophète, ni sorcier, nous ne savons pas deviner, il faut qu’on nous parle clair, Et j’espère que tout ira bien. Tout à vous en Notre Seigneur Jésus Christ. (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 87, 1852)


13 avril

Pratiquez et prêchez toujours cette piété nourrie de foi, de confiance, d’amour pour Dieu, de dévouement pour le prochain, de reconnaissance pour votre vocation et pour tout ce qui y tient. Que le Magnificat soit votre cantique chéri, l’expression fidèle de vos sentiments ; et vous glorifierez Dieu, parce que vous serez toujours en paix. Je ne me lasserai jamais de vous le dire, parce que je sens qu’il y a en vous la racine d’un défaut ennemi de cette paix si agréable au Seigneur et si édifiante pour le prochain…

Je vous désire de tout mon cœur la paix du Seigneur, avant tout et toujours. Quel spectacle pour le ciel et pour la terre, toutes ces personnes travaillant en paix, vivant et mourant en paix, et toujours en paix. Je vous la souhaite cette paix d’une manière particulière … Vive la joie, la paix en Dieu ! (St Michel Garicoïts à une religieuse, suite et fin de la lettre 31, 1845)


12 avril | DIMANCHE DE PÂQUES

Je me sens pressé de vous recommander de toute l’étendue de mon âme de vivre constamment dans la joie du Seigneur, et de la faire éclater dans toute votre conduite, dans tous vos rapports avec Dieu, avec le prochain et avec vous-même… Je dis constamment, fussiez-vous coupable ! parce que toujours Dieu tient son regard arrêté sur vous, pour vous purifier, protéger et combler de bienfaits. À la vue de ce regard sauveur, protecteur et bienveillant, comment ne pas avoir et faire éclater constamment votre joie ?… Dites donc et ne cessez de dire : Mon âme glorifie le Seigneur et mon esprit se réjouit en Dieu, parce que ce bon Père me regarde ; rien, pas même mes péchés, ne sera capable de me décourager. Ne faites donc aucun cas de toutes ces impressions tracassières… La grâce ne fait jamais rien de semblable, mais elle nous fait trouver en Dieu le calme et la paix : ainsi Madeleine pense à Jésus, court à lui, et trouve en lui une paix inaltérable. (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 31, 1845)


 
11 avril | SAMEDI SAINT

Ce matin nous avons fait la méditation sur ces paroles : La Mère de Jésus était debout au pied de la croix. Une telle mère, mère d’un tel fils, debout, non découragée, au contraire, courageuse, contente d’être là au pied de la croix, à laquelle est si cruellement attaché son Fils bien-aimé, là, dans l’obscurité de la nuit quoiqu’en plein jour ; elle, là, au milieu de toute cette canaille … Nous ne pouvions pas nous lasser de contempler cette admirable Mère de Dieu et des hommes. Dans son extérieur, quelle modestie, quelle douceur, quel calme ! Dans son intérieur sans doute, souffrance immense ! mais sans aigreur, plainte, murmure, indignation d’aucune sorte, quoi qu’elle sentît : toujours douce, pleine de charité et soumise, heureuse de la volonté de Dieu, quoique cette volonté fut bien amère pour elle. Quelle Fille de la Croix ! Mon enfant, soyez toujours semblable à celle-là… Apprenez à trouver dans la volonté de Dieu le même bonheur que Marie. (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 316, 1861)


 
10 avril | VENDREDI SAINT
 

Un Dieu descendu de son trône…, fait homme ! fait homme mortel… rassasié d’opprobres pour gagner nos cœurs ! Voilà votre modèle… Un Dieu s’est abaissé pour nous élever !… Il nous a tant aimés le premier ! Notre-Seigneur Jésus-Christ a tant souffert pour faire la conquête de nos cœurs ! Efforcez-vous, à son exemple, de gagner l’amour des autres…

Ne comptez donc ni sur votre sagesse ni sur vos efforts ni sur rien de créé ; ayez une confiance sans bornes en Dieu… Je finis en vous citant les paroles que saint Paul adressait aux Philippiens (ch. 2,1-7) : « S’il y a quelque tendresse et quelque compassion parmi nous, rendez ma joie parfaite, vous tenant tous unis ensemble, n’ayant tous qu’un même amour… Soyez dans la même disposition et dans les mêmes sentiments où a été Jésus-Christ, qui, ayant la forme et la nature de Dieu (…) s’est anéanti lui-même en prenant la forme et la nature de serviteur, en se rendant semblable aux hommes. » (Saint Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 13, 1836)


9 avril | JEUDI SAINT

Jésus-Christ lui-même, la veille de sa passion, ne pût s’empêcher de faire connaître à ses apôtres l’accablement où il était. Il leur dit : « Je suis triste jusqu’à en mourir ! » mais il n’en demeura pas là, et, au lieu de se plaindre inutilement aux hommes, il se tourna vers son Père et il trouva le plus ferme support. Et vous, ne devez-vous pas espérer l’y trouver vous-même ? Dieu, dans l’exemple de son Fils, n’a-t-il pas voulu nous montrer ce que nous devons faire et devons attendre ? Quelle joie si je voyais en vous le même changement qui parut dans le Fils de Dieu, lorsque, après s’être prosterné jusqu’à trois fois contre terre, saisi qu’il était d’ennui, de tristesse et de crainte, il se releva tout à coup, et retournant à ses apôtres, animé d’un courage tout nouveau, il leur dit d’un ton assuré : « Eh quoi ! êtes-vous toujours endormis ? Levez-vous et marchons. » Quel bonheur pour vous, si le bras de Dieu opérait cette conversion ! (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 468, 1863)


8 avril

Dieu vous a donné de nouvelles preuves de son amour… Ce sont là des faveurs que vous ne devez jamais oublier et qui doivent vous porter à lui dire : « Me Voici, sans retard, sans réserve et sans retour, plutôt par amour que pour tout autre motif. » Amour pour amour. Son amour pour vous a été si grand et si fidèle ! … Aimez donc votre Dieu qui vous aime tant ! Soyez lui fidèle à jamais ! Donc en avant toujours ! non seulement lorsque vous serez sur le Thabor, mais aussi lorsque vous aurez à veiller au Jardin des Oliviers et qu’il vous faudra monter sur le Calvaire.

Pour vous et pour moi, n’est-ce pas une grande consolation d’accepter et de porter courageusement, joyeusement et constamment les croix de la position que Dieu nous a faite, puisque c’est un plus grand dévouement, et que la consolation doit être encore plus abondante où le sacrifice est plus pénible ? (St Michel Garicoïts à une laïque, lettre 21, 1843)


7 avril

On entre en religion avec les meilleures dispositions ; on prend encore dans le noviciat une nouvelle ferveur ; on la conserve pendant quelques années après la profession ; et Dieu alors répand avec abondance ses grâces et prend plaisir à en combler une âme dont il est aimé et qu’il aime. Moins elle se ménage elle-même, et plus Dieu la ménage. Plus elle veut sentir la pesanteur du joug qu’elle porte, et plus Dieu s’applique à lui faire sentir la vérité de cette promesse de Notre-Seigneur : « Venez à moi, vous tous qui êtes dans la peine et dans le travail, et je vous soulagerai ; prenez sur vous mon joug et vous trouverez le repos de vos âmes, car mon joug est doux et mon fardeau léger. » Soutenue donc de la grâce de Dieu, elle marche avec une sainte allégresse. Elle a la paix du cœur et c’en est assez. Rien ne l’incommode, rien ne l’arrête ; mais tout lui tourne à bien… et, si je puis user de cette expression, les épines se changent en fleurs. (Saint Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 468, 1863)


6 avril

Je comprends très bien tout ce que vous avez dû éprouver en perdant coup sur coup ces personnes qui vous étaient si chères. C’est bien légitime, et d’autant plus pénible qu’on est blessé dans les sentiments les plus intimes de la nature. Soyez persuadée que je prends une vive part à vos peines et que je prie de tout mon cœur pour tous les vôtres, morts et vivants, comme pour les miens mêmes. Il faut cependant en convenir, la religion apporte bien d’ineffables consolations au milieu des douleurs les plus amères… Laissez tous ces retours sur le passé… Servez le Seigneur en toute paix et avec un calme inaltérable.

Le bon Dieu nous a visités nous aussi. Nous avons perdu en peu de jours un prêtre, un scolastique et un Frère. Maintenant la foule de nos malades est en pleine convalescence, nous n’en avons qu’un qui soit en grand danger. Prions le Seigneur d’avoir pitié de nous…

P.S. – En avant donc ! pour votre passé, je m’en charge. (Saint Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 134, 1857)


5 avril

Méprisez toutes les vaines suggestions du démon, qui ne travaille qu’à troubler la paix des serviteurs et des servantes de Jésus-Christ… Jamais de retour inquiet sur vous-même, mais toujours courage et confiance ! Servez votre bon Maître avec un cœur dilaté et plein de joie. Et le bon moyen, c’est par un esprit de foi, de voir tous les événements, toutes les contrariétés dans la main de Notre-Seigneur, et l’entendre vous dire à chaque occasion, comme autrefois à ses disciples : « C’est moi, ne craignez point, ayez confiance. » Et alors, vous n’aurez pas de peine à accepter de sa main tout ce qu’il vous présentera… De même que pendant sa vie il avait sans cesse dans le cœur et souvent à la bouche cette parole de l’Évangile : « Ita Pater, oui, mon Père », de même vous aurez sans cesse dans le cœur et souvent à la bouche cette même parole, toute pleine d’amour : « Oui, mon Jésus, oui, mon bon Maître. » (St Michel Garicoïts à une laïque, lettre 4, 1829)


4 avril

Ici nous ne vous oublions pas, il nous arrive souvent de penser à vous… Notre âme est ravie de joie, au souvenir des bienfaits dont le Seigneur vous a comblée, depuis le moment où, vous fixant avec tant d’amour, lorsque vous étiez à genoux à Bétharram aux pieds de Marie et de son divin Fils, il vous appela à le servir, et où, animée de son esprit, vous lui répondîtes : Me voici, , pour ce qui est de moi, sans retard, sans réserve, sans retour ! … Et je dirai jusqu’à la mort : « Mon Dieu ! Comme vous l’avez aimée ! Vous avez fait de si grandes choses pour elle ! Qu’elle vous soit fidèle à jamais ! » Et vous le serez, j’en ai la ferme confiance… Ayez la charité de demander à Dieu pour tous les membres de la communauté de Bétharram cet amour de notre vocation qui nous fasse toujours avancer et nous rende plus propres à lui gagner beaucoup d’âmes. (Saint Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 96, 1854)


3 avril

On m’a dit que vous vous ennuyiez à Lasseube et que vous songiez à revenir à Lestelle. (…) Vous vous ennuyiez ! Mais vous n’êtes plus petite ; il faut vous guérir du mal du pays. Peut-être que vous craignez de ne pas faire votre salut à Lasseube ! Mais vous n’êtes pas au fond des Indes, ni dans une prison, comme Joseph, ni au milieu des lions, comme Perpétue et Félicité… Je crains une piété qui a besoin, pour se soutenir, de tels pays, de telles personnes ; c’est la piété d’une enfant ; la vôtre doit être celle d’une femme forte, propre à faire de nouveaux progrès, jusque dans la privation de tout secours terrestre… Apprenez donc, en faisant moins, à faire plus ; supportez les petites privations avec le mérite des plus grands sacrifices. Il y a des personnes qui s’attachent aux consolations de la piété, au lieu de s’attacher à la solide piété ; c’est une illusion : j’espère qu’elle ne sera pas la vôtre. (St Michel Garicoïts à une demoiselle, lettre 11, 1834)


2 avril

« Dans la crise, mon bon pasteur a rendu la force à mon âme… Quelles que soient les épreuves par lesquelles j’aurai encore à passer, je saurai y trouver force et même consolation » … Voilà les sentiments que je vous souhaite à la vie et à la mort (…), éclater en reconnaissance, vous écrier sans cesse : « Dieu est mon pasteur, rien ne me manque… Mon âme glorifie le Seigneur et mon esprit se réjouit en Dieu, son Sauveur. Je ne crains rien, Jésus est avec moi »… Je vous ai déjà dit à peu près tout cela ; mais comment cesser de répéter ce qu’il vous importe tant de ne jamais perdre de vue ?… Continuez à répondre fidèlement, de plus en plus, aux inspirations du Saint-Esprit, sans écouter les suggestions du malin esprit ; et, croyez-moi, les tentations mêmes contribueront à vos succès, à vos victoires. (Saint Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 61, 1849)


1er avril

Je réponds à ce que vous me dites de la peine que vous éprouvez, d’être détournée, souvent privée d’une partie de vos exercices de piété, en raison des occupations du ménage, ou des visites, ou des soins à prendre de vos bons parents. À tout cela disons oui, et soyons contents. Dites-le bien aussi dans les moments de sécheresse, de peines et de misères, quelles qu’elles soient, et dans les tentations ; contentez-vous de jeter un regard de confiance et d’amour sur le Cœur de Jésus, sans les regarder ni les combattre directement. Enfin, modérez et calmez même les désirs de la perfection, et que, dans votre cœur tendrement uni au Cœur de notre bon Maître, tout soit calme et paisible. C’est bien alors que vous goûterez et que vous direz qu’il est bon… « C’est le Seigneur qui me conduit, rien ne me manquera. » (St Michel Garicoïts à une laïque, lettre 4, 1829)


31 mars

J’en suis convaincu, vous êtes ou Dieu vous veut… Profitez de votre bonheur, en remplissant tout doucement les devoirs de votre petit cercle, en soignant mieux que par le passé votre petite santé et surtout en avançant dans une vie de foi, de confiance sans bornes et d’amour. Mais ne revenez plus à votre manie de vous cacher sous prétexte de ressembler à un séraphin : quand le bon Dieu voudra vous cacher davantage, il saura vous conduire à une plus grande solitude. Ne demandez plus, ne désirez plus que ce que le Bon Dieu voudra. Bornez-vous à vous disposer à tout ce qu’il voudra, et puis vous vous soumettrez à tout ce qu’il fera, ni plus ni moins, et je vous promets que vous serez heureuse et que vous contribuerez à rendre les autres heureux. (Saint Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 69, 1850)


30 mars

Je suis bien portant, moi, mais notre Communauté a été bien affligée par la fièvre typhoïde, qui nous a enlevé un prêtre, un étudiant en théologie, deux frères et deux élèves. Nous avons été obligés de renvoyer tous nos chers enfants au moins pour un mois. Les malades qui nous restent vont bien maintenant et nous n’avons pas de nouveau cas. Priez le bon Dieu qu’il nous délivre de ce fléau et qu’il nous bénisse.

Vous voulez savoir où nous en sommes avec ces années ? Grâce à la divine Providence, jusqu’à présent, nous n’avons manqué de rien ; mais je vous l’avouerai franchement, j’ai redouté beaucoup cette année-ci. Que Dieu me le pardonne, si je l’ai offensé par cette crainte qui m’a trop préoccupé, je pense.…  Aidez-nous à remercier le bon Dieu et Notre-Dame de tout le bien qu’ils nous font. (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 135, 1857).


29 mars

Agissez toujours avec douceur ; aimez à placer à propos de petits mots d’encouragement, d’amitié, de bienveillance, et qu’on voie que tout cela part de l’abondance de votre cœur. Alors vous pourrez, au besoin, [corriger, reprendre] et par là même augmenter l’affection de vos Sœurs … Une conduite opposée fermerait la porte à tout le monde. N’épargnez donc rien pour inspirer cette confiance entière : paroles douces, procédés aimables, tout cela, loin d’affaiblir la régularité, servira à la faire observer parfaitement, PAR AMOUR !!! …

Un Dieu descendu de son trône, fait homme ! fait homme mortel, rassasié d’opprobres pour gagner nos cœurs ! Voilà votre modèle. Un Dieu s’est abaissé pour nous élever ! Il nous a tant aimés le premier ! Notre-Seigneur Jésus-Christ a tant souffert pour faire la conquête de nos cœurs ! Efforcez-vous, à son exemple, de gagner l’amour de vos Sœurs. (St Michel Garicoïts à une supérieure de communauté, lettre 13, 1836)


28 mars

Tous les jours nous prions la bonne Mère, de tout notre cœur, de vous prendre sous sa protection … Tout en demandant à Dieu par Marie la grâce de vous délivrer des calamités qui vous affligent, ayez soin de vous soumettre pleinement aux desseins cachés de la Providence. Votre bon Père vous permet de désirer et de demander l’éloignement du calice qui vous est présenté, mais vos cœurs lui doivent un abandon entier et filial. (…) Désormais, vous ne regarderez plus en arrière, ni à droite, ni à gauche, toujours en avant ! … vers le but de votre vocation ! … portant les croix attachées à votre position ! … ayant soin de n’en pas prendre d’autres qui ne feraient qu’embarrasser votre marche … point d’imprudences sous prétexte de mortification. (St Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 24, 1844)


27 mars

Vous m’apprenez que vous avez fait une longue maladie. Mais le Seigneur soit béni ! Voici que vous reprenez des forces, pour les consacrer de nouveau à son service. (…) C’est un bien bon Maître celui que vous avez le bonheur de servir, un Maître qui aime sa petite servante, et d’un amour infini, qui lui donne son Cœur et qui l’autorise à traiter avec lui avec une douce et sainte familiarité… Soignez votre bonne mère. Occupez-vous avec un tendre intérêt de votre petite communauté. Aimez les pauvres et les affligés. Soyez, autant qu’il vous sera possible, la consolation et la ressource des malheureux. Et le bon Maître sera toujours avec vous, et il multipliera entre vos mains les moyens de faire le bien. (Saint Michel Garicoïts à une dame, lettre 233, 1860)


26 mars

En avant ! Ayez toujours du courage, un peu plus d’ampleur dans votre cœur, beaucoup de confiance en Dieu, et soyez persuadée qu’il vous bénira selon la mesure de votre confiance. Vous êtes dans une belle position pour faire beaucoup de bien. Faites ce que vous pouvez faire, le mieux que vous saurez le faire, et puis, attendez tout de Dieu, en servante effacée et inutile, et l’on verra tout aller mieux.

Dans vos embarras, ne craignez pas de nous importuner : ne restez jamais serrée, grillée, toute noire ; au contraire, dilatez-vous et agissez dans cet esprit que je vous ai si recommandé, et Dieu sera avec vous. (St Michel Garicoïts à une religieuse, Lettre 97, 1854)


25 mars

Dans le mystère de l’Incarnation, quelle action puissante de la part de Dieu dans le sein de la Vierge ! Le Saint-Esprit surviendra en elle ; la vertu du Très-Haut la couvrira de son ombre. Mais il faut aussi le concours libre et généreux de la créature : « Que la terre s’ouvre et germe le Sauveur ! »  (Is 45,8). Cette terre doit répondre aux soins que le ciel lui prodigue. Marie apporte au sublime dessein de Dieu une parfaite coopération ; elle s’abaisse : « Voici la servante du Seigneur… », elle obéit dans les élans d’une foi et d’une charité héroïques : « Que tout m’advienne selon ta parole. » (Lc 1,38) » (St Michel Garicoïts, DS 121)


24 mars

Il faut absolument dilater votre Cœur, en face de vos difficultés extérieures et intérieures, par la pensée si vraie que vous êtes l’enfant bien-aimée du Père Céleste, que vous faites constamment son œuvre de prédilection, toujours sous ses yeux, toujours assistée de lui avec la plus grande faveur, avec un empressement incessant.

Tout cela exige de votre part la plus grande dilatation, le plus entier abandon, l’humilité, la reconnaissance, le calme, la joie et la paix, que rien ne soit capable d’altérer. Un si bon Père, un tel Ami nous gouverne, que peut-il nous manquer ? (Saint Michel Garicoïts à une religieuse, lettre 348, 1861)